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décembre 16, 2011

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par meriza joly
Artist Robert Indiana

LOVE Robert Indiana Montréal

   -un peu- BeaucoupPASSIONNÉMENTÀ*L*A *F*O*L*I*E

-pas du tout-

Est-ce qu’on peut mettre le qualificatif un peu  dans la même phrase que le mot excessive? Comme dans: ‘Depuis que j’ai commencé ce blog, je suis devenue un peu excessive’…. La sexologie est au carrefour de plusieurs disciplines et elle est aussi au cœur des préoccupations de beaucoup de gens. Quand monsieur et madame tout le monde sont  experts, la barre est haute!

Quand j’étudiais en sexologie à l’UQAM, on nous disait que les problèmes sexuels avaient beaucoup changé depuis la fondation du département de sexologie en 1969.  À cette époque, c’était le début de la libération sexuelle, les femmes et les hommes découvraient leur sexualité et le plaisir sexuel. C’est seulement en 1969  que le Parlement canadien a décriminalisé la contraception.  La pilule contraceptive a été classée parmi les grandes découvertes du 20e siècle.

Alfred Kinsey a écrit  les rapports Kinsey: Sexual Behavior in the Human Male (1948) et Sexual Behavior in the Human Female (1953), il a fait connaître  à l’Amérique ce qui se passait dans les chambres à coucher des américains.  Ces études étaient basées sur un échantillon de 18 000 personnes. Elle révéla au grand jour, la variété des activités sexuelles pratiquées. Ce fût une révélation pour  l’époque car personne n’en savait rien. Pour en savoir plus, le film Kinsey est un petit bijou  que je vous recommande.

Depuis cette époque, l’éventail des activités sexuelles disponibles est beaucoup vaste et relativement plus facile à pratiquer. Depuis l’arrivée du Net, on peut trouver un partenaire ou un groupe de gens qui pratiquent les mêmes activités sexuelles presque n’importe quand et à n’importe quelle heure. On vous propose une panoplie d’activités auxquelles vous n’auriez jamais songé par vous-même il y a seulement 20 ans. Il n’y a plus de limite mis à part ce qui est proscrit par les lois. L’impact se fait ressentir dans les chambres à coucher et chez les sexologues.

Une nouvelle étude vient d’être produite et un livre a été publié. Conduite entièrement sur le Net, l’étude révèle entre autres que ce qu’on dit aimer ou préférer publiquement s’avère être différent lorsqu’on se retrouve seul devant un ordinateur.

  • 100 millions d’hommes et de femmes provenant de plusieurs régions de la planète ont été sondées
  • 1 Milliard de recherches en  ligne ont été analysées, 1 million de site web, 1 million de vidéos érotiques, 1 million d’histoires érotiques, des millions d’annonces personnelles, des dizaines de milliers d’histoires romancées.

A Billion Wicked Thoughts: What the World’s Largest

Experiment Reveals about Human Desire

Je viens d’acheter le livre aujourd’hui, et je vais  le commencer en fin de semaine.  Dans un article du Discover Magazine signé par les auteurs Ogi Ogas et Sai Gaddam, ils nous donnent quelques faits observés et quelques pistes de réflexions. On s’entend qu’avec la banque d’information collectée, ces données pourront peut-être expliquer certains phénomènes. La drague en ligne et Internet sont entrés dans le paysage humain depuis si peu de temps. Ces données seront-elles encore valides dans 5 ans? Je ne sais pas mais pour l’instant en voici quelques unes:

1. Lorsque les gens recherchent, l’âge est important. 1 recherche sur 6 contient l’âge mais souvent en association avec un 2e mot clé tels que  femmes nues 25 ans, femme sexy 40 ans. Fait étonnant, plus d’hommes recherchent des femmes de 50 ans que des femmes de 19 ans et il y a une demande pour les femmes de 60 et de 70 ans.
. Le nombre élevé de recherches pour des mineurs demeure troublant (voir autre article sur les lois canadiennes).

2. Sur le Net, le désir est une activité solitaire. Assis seul, l’homme clic sur des vidéos et des images. Il cherche rarement à partager ses goûts et ses expériences avec d’autres hommes. L’opinion des autres sur ce qui est sexy ou non n’est pas pertinent.

3. La 3e catégorie de recherche la plus fréquente concerne la taille du corps:  grasse ou mince. Les auteurs constatent avec étonnement que le terme grasse est recherché 3x plus souvent que le terme mince (“skinny” girl vs “fat” girl).

4. Le 2e terme le plus recherché par les hétérosexuels anglophones est Cuckold porn,  en français, Porno pour Cocu. Le mari cocu est presque toujours caché et il regarde sa femme avec un autre homme. Il a un air frustré ou consterné. Le scénario classique dans ce type de porno est le suivant:  la femme se fait payer plusieurs centaines de dollars par un biker tatoué et l’action se passe sur un sofa miteux. Ou bien, un bel homme noir et  bien bâti prend la femme blanche.

Dans la littérature légère, il existe une catégorie appelée Loving wives. Le fantasme de ces charmantes épouses est d’avoir du sexe avec un  homme qui n’est pas leur mari.

5. Sur le Net, les hommes préfèrent les images, le visuel et les femmes préfèrent les histoires, les romances et les relations. Cette différence entre hommes et femmes se retrouve encore lorsqu’on leur demande quelles activités sexuelles sont recherchées sur le Net.

Si les livres cultes de Nancy Friday: My Secret Garden: Women’s Sexual Fantasies, 1973 et Men in Love, Men’s Sexual Fantasies: The Triumph of Love Over Rage, 1980 nous révélaient les fantasmes des femmes et des hommes, A billion wicked thoughts, nous dira sûrement ce que les hommes et les femmes espèrent retrouver dans les leurs. Je vous en reparle. Bon week end!

Mériza

novembre 23, 2011

Faire semblant de jouir version masculine…

par meriza joly

Hier je suis allée présenter une conférence sur l’hypersexualité et sur le cybersexe à des employés de PAE affiliés à la FTQ. Du monde très sympathiques et ouverts à parler de sexualité, des technologies, d’hypersexualité et comment la porno s’est insidieusement collée à nos vies, comment elle nous est servie partout où on va pour presque rien, sans même le demander….

Dans le New York Magazine du 30 janvier 2011, Davy Rothbart, parle de son expérience avec la porno et comment il en est venu à faire semblant d’éjaculer quand il avait une relation sexuelle dans le réel.

Adapte de la porno,  tranquillement certains troubles sexuels sont apparus chez lui: éjaculation retardée, désir sexuel défaillant, manque de libido envers la partenaire, désensibilisation physique.  Quand on se masturbe devant des belles jeunes femmes super disponible à tous les jours, quand on se masturbe d’une certaine façon en regardant des images de plus en plus hard, on fini par se désensibiliser physiquement et émotionnellement.

La  porno est un leurre pour le cerveau. Puisque les neurotransmetteurs du plaisir s’activent,  on a les mêmes effets neurochimiques qui se réveillent, on en vient à croire qu’on est dans la réalité. Le cerveau ne fait pas la différence, il répond aux stimuli  du ‘tout comme’ sauf qu’il manque la présence de l’autre.

Le virtuel sera toujours plus intense que le réel, personne ne peut égaler l’intensité du médium. C’est comme un fantasme qui  nous garde  allumé et quand on le fait, c’est presque garanti que ça ne sera pas aussi bon. Contraintes des lois de la physique et de la gravité. C’est plus de travail et on dirait que c’est moins excitant.

Heureusement, il y a de l’espoir. Lorsque la personne cesse l’usage de la porno, l’esprit et le corps vont reprendre leur sensibilité avec le temps. Ce qui aide: un bon suivi en sexothérapie, des réunions avec les Sexoliques Anonymes ou les DASA- Dépendants Affectifs et Sexuels Anonymes (au besoin), de la patience, un engagement envers soi même et une conjointe prête à participer.

C’est plus facile qu’en restant tout seul chez soi…

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