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janvier 29, 2012

Limites, évitement & secret

par meriza joly

On vit tous notre lot de frustrations  à tous les jours. Comment on «fait avec» est très personnel. Parfois on apprend par «essais-erreurs», on parle à quelqu’un, on se fait conseiller, parfois on «dort là-dessus» pour éviter de faire des erreurs, on sort faire la fête pour oublier nos tracas bref, on adopte toutes sortes de stratégies pour essayer d’être bien malgré les évènements que la vie nous amène. Les interactions humaines peuvent amener beaucoup de plaisirs et  de satisfactions mais elles peuvent aussi être une source importante de conflits. Pour diverses raisons, quand ça ne va pas bien, les gens adoptent des façons de composer avec la vie qui ne sont toujours positives à long terme. Je ne parle de comportements auxquels on a recours de temps en temps mais de mécanismes auxquels on a recours systématiquement, à chaque fois où on se retrouve dans une situation frustrante, désagréable ou inconfortable.

L’évitement
Rare sont ceux  qui n’ont pas un jour ou l’autre fait n’importe quoi juste pour oublier ce qui arrivait : magasiner, faire la fête, s’écraser devant la télé ou l’ordinateur, outre-manger, etc. Ce  n’est pas mal en soi, ce qui pose problème, c’est lorsque les comportements d’évitement sont toujours utilisés par la personne lorsqu’elle vit du déplaisir.
Par exemple : Je me chicane avec ma conjointe*, je me laisse envahir par ses demandes, je suis frustré mais je ne dis rien….Je ne dis rien mais dans mon for intérieur, je sais que plus tard je pourrais soit: 1. Aller faire un tour en voiture et  me payer les services d’une travailleuse du sexe. 2. Me brancher sur le Net et je me masturber toute la soirée, etc. 3. Bougonner, chigner toute la semaine en faisant bien comprendre (par télépathie) ma frustration à ma partenaire. Bref, développer des moyens secrets pour faire «payer» à l’autre sa frustration.

En sexothérapie, quand on regarde avec les clients les évènements précurseurs aux épisodes d’hypersexualité, on remarque souvent qu’il y a eu un moment stressant, une situation désagréable, un conflit avec la partenaire avant la compulsivité.  Une variable souvent présente et facilement observable quand on décortique les évènements précurseurs, est le manque d’affirmation de soi ans les  relations significatives de la personne.  Malheureusement, elle aura adopté une sexualité secrète comme moyen pour «faire avec» ses sentiments désagréables.

Pendant un moment, l’activité secrète permet de conserver un certain équilibre psychique. Dépendamment des risques conjugaux et légaux liés à l’activité, les risques pourraient  même devenir des stimulants pervers renforçant ainsi les bénéfices de l’activité secrète mais aussi du comportement déficient soit la faible affirmation de soi.
Ne pas mettre ses limites dans ses relations peut être très frustrant à la longue et certaines personnes apprennent à gérer cette frustration en ayant une vie secrète qui sert d’échappatoire à leur manque d’affirmation de soi.
Dans la situation présente, l’impact du manque d’affirmation de soi pourrait avoir des répercussions très négatives. Les enjeux reliés au manque d’affirmation de soi en couple sont légion mais les bénéfices associés à l’affirmation de soi et à la bonne communication  permettent entre autres aux deux partenaires de grandir et d’évoluer au sein de la relation.

Apprendre à s’affirmer et à mettre ses limites dans nos relations peut faire peur au départ : si je dis qui je suis, si je dis non, si je ne suis pas d’accord, peut-être que l’autre me rejettera? Peut-être que oui, peut-être que non mais une chose est sûre, si vous ne le faites pas, vous ne le saurez jamais. Dans le domaine des relations amoureuses, les mauvais plis se prennent très rapidement en début de relation. Attention aux extrêmes. Comme on dit, il faut apprendre à : «Être ni hérisson, ni paillasson».

Quelques conseils
•    Choisir un moment approprié aux 2 pour aborder un sujet délicat;
•    Dire ce que l’on a à dire sur le sujet, ne pas déborder sur d’autres sujets épineux;
•    Éviter les qualificatifs (tu es bête, méchant, paresseuse, etc.);
•    Parler chacun son tour, ne pas prendre la parole trop longtemps, laisser l’autre intervenir;
•    Faire chacun un pas vers l’autre, penser «le mieux pour soi et non le meilleur pour soi»

En écrivant cet article je suis tombée par hasard sur le site : «Ni hérisson, Ni paillasson !» Allez y faire un tour, il y a plein de trucs sur l’affirmation de soi.

Bonne semaine à tous, n’hésitez pas à laisser des commentaires ou faire des suggestions.
Mériza

* La conjointe est utilisée ici pour illustrer l’impact dans le couple mais de nombreuses autres personnes peuvent générer ce type de réaction: patron, père, mère, membres de la famille, etc.

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