Archive for ‘affirmation de soi’

août 27, 2013

Le Féminisme Pro-Sexe

par meriza joly

Le féministe pro-sexe

Je travaille en sexologie clinique depuis quelques années et ma clientèle représente les différents groupes de la société: LGBT, hétéros, couples, bref monsieur et madame tout le monde. Souvent, le discours de mes clients est teinté de honte et de gène par-rapport à leurs préférences et leurs habitudes sexuelles même lorsque ces pratiques se font dans des relations consentantes et égalitaires. Cet inconfort est souvent issu de la dictature du « sexuellement correct » ambiant.

Le féminisme pro-sexe est défini comme suit par Ovidie:

Le féminisme pro-sexe part du principe que les femmes doivent s’assumer en tant que femmes et non en imitant les hommes, et qu’il est important de déculpabiliser leur rapport à leur corps. Et dans ce sens, la question du sexe positif  et de la pornographie est centrale, et les métiers du sexe ont donc un rôle à jouer pour que les femmes s’amusent sexuellement. Le sexe, c’est important; on ne peut pas espérer une société égalitaire là où il y a répression du sexe. 


Je respecte le droit des autres à consentir ou non à des activités sexuelles;

Je respecte le droit et le choix des autres quant à leur orientation sexuelle, leur identité de genre, leurs pratiques sexuelles,  le nombre et leur choix de partenaires;

Je respecte le droit des femmes et des hommes à offrir volontairement des services de nature sexuelle contre une rétribution financière et le droit pour quiconque de retenir ces services dans le respect, la dignité et en toute sécurité;

Je supporte les femmes qui font de la pornographie devant ou derrière les caméras.

Je suis une sexologue féministe pro-sexe 

Dans une relation légale et consentante, le droit à la liberté sexuelle ou amoureuse est une composante essentielle à la santé mentale d’une société. Faire de son corps un objet de plaisir est une décision personnelle qui ne regarde que les personnes concernées. Dire à une femme qu’elle joue le jeu des hommes et qu’elle est une victime inconsciente de la prostitution est une insulte au libre choix. Dans plusieurs pays, les jeunes filles et les jeunes garçons sont monnayés tels des objets afin de répondre à des demandes en tourisme sexuel pédophile ou non. Doit-on pour autant criminaliser les personnes qui choisissent volontairement de faire ce travail?

L’homophobie, la lesbophobie, la transphobie et la putophobie  sont des attitudes qui contribuent et encouragent la violence envers les femmes et les groupes minoritaires.

Quand on voit la vidéo où les Femen poussent brutalement hors de scène une jeune performeuse au salon de l’érotisme, en criant « va te faire violer », elles se révèlent tout aussi violentes envers les femmes que les extrémistes religieux, les fachos, les machos, les puritains et autres intolérants. La pire menace pour les femmes c’est quand d’autres femmes se sentent légitimes pour les violenter physiquement au nom de leur soi-disant « libération » Émilie Jouvet (1)

L’usage du mot « exploitation » pour qualifier une relation pornographique est un abus de langage qui sert à détourner l’attention, réglementer ou interdire.

Dans les dernières décennies, plusieurs groupes de femmes qui défendent des idées parfois totalement opposées, se disent féministes.  On enseigne le féminisme à l’Université, le discours est de plus en plus savant et parfois, il est radical. Au lieu de rapprocher les femmes entre elles, certaines  positions sont irréconciliables et nous confrontent les unes aux autres. Par exemple: être une femme et aimer le porno, travailler dans l’industrie du sexe et y prendre plaisir sont des sujets tabous sévèrement critiqués par certaines. Cette intransigeance exclue et marginalise des femmes qui ne se sentent pas acceptées comme elles sont. Le résultat est que plusieurs femmes abandonnent le bateau car elles ne s’y reconnaissent pas ou sont dépassées par la diversité des positions.

J’hallucine quand un homme en santé réagit aux atouts féminins et qu’on invoque la culture du viol. 

D’un côté, les médias disent aux femmes comment être belles, charmantes et désirables, de l’autre on voudrait que les hommes n’y répondent que passivement sinon, on les accuse d’être des pervers ou des violeurs en puissance.  Placer le sociologique devant le biologique est un discours stérile. On parle de réactions physiologiques normales et voulues dans certains cas. Ça ne se contrôle pas. Invoquer la culture du viol dans ce cas précis et mettre tout les hommes dans le même panier est un raccourci intellectuel injuste qui témoigne d’un manque de sensibilité et d’une grande irresponsabilité envers les femmes, les hommes et les vraies victimes de violences sexuelles. Certains hommes sont harceleurs, ils ne savent pas complimenter, ils ne comprennent pas la limite à avoir et ce sont ces hommes qu’on veut atteindre. Au lieu d’accuser les hommes en bloc, certaines nuances devraient être explicitement nommées pour s’attaquer à des comportements précis. Le bien-être et l’harmonie entre les sexes ne s’en porteraient que mieux. Nier l’impact du sex-appeal d’une femme et les réactions masculines physiologiques normales entretient un fossé aliénant tant pour les femmes entre elles que les femmes envers les hommes.

…la lutte contre le viol, c’est éduquer nos enfants au consentement, pas empêcher nos filles de se mettre en jupe ni de faire ou de regarder du porn. (1)  -Émilie Jouvet

Une liberté d’expression à deux vitesses:

À moins de se censurer, un homme doit être brave et courageux pour oser parler publiquement de sa réaction et ses impressions à la vue d’une femme sexy. Un peu comme si ce terrain n’appartenait qu’aux femmes… Nier le droit aux hommes d’aborder équitablement le sujet est anti-féministe. Le féminisme à la base n’est-il pas une volonté d’égalité entre les femmes et les hommes?

Pour moi, être une sexologue féministe pro-sexe va au-delà de la tolérance, c’est une attitude inclusive qui reconnaît et accueille la diversité de la race humaine et le droit de disposer de son corps.

PS Si vous souhaitez lire davantage sur le sujet et alimenter votre réflexion, voici 4 articles intéressants

1. Les Femens sont des machos qui s’ignorent

2. Le pouvoir des sexologues et la démocratie sexuelle

3. L’Institut Simone-de-Beauvoir intervient à la Cour suprême du Canada à propos des lois sur la prostitution

4. Sex positive feminism

(C)  Mériza Joly Sexologue Clinicienne

juillet 15, 2013

Intimité: Aborder ses insatisfactions sexuelles en couple

par meriza joly

Cet article est le premier d’une série qui concerne les sujets difficiles à aborder en couple. En effet, il y a certains sujets plus ardus à discuter avec un partenaire sexuel et j’en décortiquerai quelques uns pour vous dans mes articles futurs. Si vous avez des suggestions  n’hésitez pas à me les proposer. Bonne lecture!

Les insatisfactions sexuelles

À moins d’être tombé sur un télépathe extra-lucide et doué, il arrive souvent lorsqu’on rencontre un nouveau partenaire, que l’on doive le guider un peu sur nos préférences sexuelles. Sans avoir un fétichisme rare ou des habitudes sexuelles particulières, si on veut jouir et que l’on connaît son corps, donner des pistes au nouveau partenaire peut éviter bien des frustration (les vôtres surtout).

Lorsqu’on ouvre son intimité sexuelle à une autre personne et que l’ont doit parler de ses insatisfactions sexuelles, c’est rarement facile. On se retrouve à un endroit où il y a peu de nuances et où on balance souvent entre:

  • La peur de se sentir incompétente /La peur de faire sentir l’autre inadéquat.
  • La peur de blesser l’autre dans son amour-propre
  • Craindre de passer pour une perverse / craindre d’avoir quelque chose qui cloche

Que l’on initie le sujet ou que l’autre le fasse, il faut faire preuve de maturité affective. On le dit maintenant depuis plusieurs décennies: la femme est responsable de son plaisir. Elle est responsable de nommer ce qui l’amène à l’orgasme. satis

Cette discussions fait partie de celles qu’on ne voudrait pas avoir à faire. On voudrait que tout soit facile, qu’on atteigne tout les deux l’orgasme sans trop de difficulté…

C’est possible mais parfois, ça ne se passe pas de cette façon . Si cette personne nous plaît et qu’on la fréquente plus sérieusement, il faudra aborder le sujet tôt ou tard avant que la frustration ne vous gagne.

Les préférences des unes ne font pas toujours le bonheur des autres…

Mêmes quand nos techniques ont bien fonctionné par le passé, ça ne veut pas dire que la formule sera toujours gagnante. Ne croyez pas que ce soit un signe d’incompétence ou d’incompatibilité sexuelle. Par exemple: Certaines femmes adorent se faire stimuler les mamelons très légèrement, d’autres aiment se les faire pincer et toutes deux sont heureuses et en santé.

ImageCourage….

Vous vous dites que vous avez déjà effleuré le sujet à plusieurs reprises et rien ne change. Vous ne savez plus quoi faire ou comment aborder le sujet et vous devenez de plus en plus frustrée?

Premièrement: Le meilleur moment pour avoir cette discussion n’est ni dans le lit ni durant les préliminaires ni juste après avoir eu une relation sexuelle insatisfaisante. Il faut choisir un endroit neutre et un moment où vous n’aurez aucune obligation qui vous empêchera de discuter aisément.

Deuxièmement: Vous devez vous préparer intellectuellement car vous ne ferez pas qu’effleurer le sujet:

  • Qu’est ce que vous aimeriez qu’il vous fasse?
  • Est-ce qu’il vous le fait? Souvent ou vous devez le redemander à chaque fois?
  • Combien de temps auriez vous besoin pour être satisfaite?
  • Est-ce que vous le sentez impatient et ça vous déconcentre?
  • Comment vous sentez-vous?

Suggestion #1: Si vous avez peur de dire des choses qui dépasseraient votre pensée, préparez vous par écrit. Dites ce que vous voulez dire, préparez des choix de réponses si craignez de devenir émotive ou confuse. Tâcher de ne pas blâmer et transformer cette discussion importante en conflit.

Troisièmement: Il est important de signaler à votre partenaire que cette discussion est importante pour vous et si elle est difficile à faire, dites le lui. N’oubliez pas d’énumérer ce qui vous plaît dans cette relation et pourquoi vous voulez que votre sexualité s’épanouisse ensemble.

Quatrièmement: Accordez vous du temps pour votre plaisir sexuel. Il ne faut pas qu’en parler mais avoir des gestes concrets pour arriver à votre satisfaction sexuelle.

Pour terminer: Observez vos réactions lorsque votre partenaire vous stimule sexuellement, est-ce que vous arrivez à accepter que l’autre s’occupe de vous? Est-ce que votre mental vous répète que vous ne jouissez pas assez vite? Que vous êtes égoïste?  Regardez si vous n’auriez pas un peu d’anxiété de performance.

Suggestion #2: Yeux ouverts ou yeux fermés?

Avoir les yeux ouverts lors d’une relation sexuelle nous amène avec l’autre dans le Nous. Avoir les yeux fermés nous ramène dans notre corps. Si votre mental parle trop, ouvrez les yeux et soyez avec l’autre. Si vous avez les yeux ouverts et que vous avez peu de sensations physiques, fermez les yeux un peu et concentrez vous sur votre corps…

Image

Pour ceux qui sont intéressés, l’article précédent pourrait vous donner des idées….:

« Sensualité: La Peau & Le Toucher« 

PS: le texte est écrit sous une forme hétérosexuelle F.H. mais la situation peut se présenter sous toutes les formes d’orientation sexuelle et les exercices sont adaptables à tout les genres.

(C) Mériza Joly

août 30, 2012

Pourquoi la sexothérapie?

par meriza joly

Il arrive souvent qu’un des deux partenaire soit un peu mécontent dans sa relation de couple pour toutes sortes de raisons:

  • Trop de chicanes
  • Pas assez de sexualité
  • Trop de demandes sexuelles de la part du conjoint
  • Disparition du désir sexuel
  • Trop de déceptions
  • Problèmes financiers
  • Monotonie, etc.

Lorsqu’il y a une tentative pour discuter de la situation, la conversation n’aboutit pas à des solutions tangibles et l’insatisfaction demeure.

Certains vont alors suggérer d’aller en thérapie de couple mais le partenaire ne veut pas. Il dira alors:

  • Nous sommes capable de régler nos problèmes seuls
  • Je ne veux pas qu’une tierce personne apprennent notre histoire
  • Je ne veux pas me  faire chicaner par deux personnes
  • Ça ne va pas si mal…

Il existe plusieurs catégories de couples qui consultent en sexothérapie entre autres:

  • il y a les nouveaux couples sans enfants qui veulent de l’aide pour améliorer leur sexualité,
  • il y a les couples avec de jeunes enfants qui sont pris dans leurs obligations et qui se sont oubliés,
  • il y a les couples qui ont réussi leur vie professionnelle et qui se retrouvent après 25, 35 ans de vie commune et qui n’en peuvent plus du statu quo et finalement,
  • il y a des couples qui consultent mais qui ne veulent rien changer.

Lors de la première rencontre en sexologie, les couples sont souvent mal à l’aise, ils ont un peu honte d’avoir à demander de l’aide et ils peuvent même  sentir qu’ils trahissent l’autre en exprimant leurs insatisfactions.

La sexothérapie pour le couple est un travail qui demande beaucoup de courage et de bonne volonté. Les couples arrivent souvent en crise et c’est souvent une crise du statu quo. À force de tempérer, de vouloir plaire, de ne pas s’affirmer ou de ne pas être entendu, l’ultimatum est lancé.

Cette crise, même si elle est extrêmement difficile, demeure souvent salutaire pour le couple. Les sexologues peuvent vous accompagner et vous guider dans cette démarche en toute confidentialité. On peut consulter en sexologie pour des problèmes relationnels, affectifs et sexuels.

(c) Mériza Joly

mai 29, 2012

La Sexualité en début de rétablissement

par meriza joly

 Arrêter de boire ou de consommer de la drogue pour un alcoolique-toxicomane est une chose et demeurer abstinent en est une autre. La sexualité et l’affectivité sont responsables de 70% des rechutes chez les  abstinents.

Cet article présente quelques uns des défis auxquels  la personne risque d’être confrontée en début de rétablissement.

Infos, trucs et conseils pour mieux passer au travers de la 1ière année de sobriété :

Quand une personne arrête de consommer, sa première année est remplie de premières fois. Plusieurs points communs définissent une nouvelle vie d’abstinence aux psychotropes par exemple: le travail, le logement, la santé physique, la situation financière, etc. Toutefois, le parcours amoureux et sexuels de chaque individu est différent depuis le début de sa vie. Les enjeux auxquels chacun est confronté demanderont des apprentissages différents. Par exemple :

Ceux qui arrêtent de consommer vivront une première année sous le signe du changement et de la redécouverte de soi et des autres. Pour plusieurs, la découverte d’une sensibilité nouvelle, d’une pudeur inconnue ou d’une difficulté dans sa communication avec les autres sera des domaines à explorer. Bienvenue chez les Terriens.

Là où auparavant la substance offrait un asile à la détresse, à l’ennui, à la colère ou la solitude, l’individu apprend à composer avec ces affects négatifs afin de ne pas retourner consommer.  C’est un défi énorme. Certains y arriveront avec courage et efforts mais d’autres abandonneront ou recommenceront le parcours à plusieurs reprises.

Le psychologue Dollard Cormier(1)  a proposé un modèle explicatif de la toxicomanie comme une façon pour l’individu de s’adapter à son environnement et aux divers évènements auxquels il est confronté.

…considérer la toxicomanie comme un mode d’adaptation privilégié, qui répond à un contexte existentiel donné. En se basant sur les principes de l’approche systémique, il pose l’alcoolisme comme un style de vie. Pour s’avérer efficace, toute intervention doit donc s’attarder aux différentes dimensions qui composent ce style de vie, soit les dimensions physiologiques, psychologiques et sociales.

Selon Cormier, l’usage des drogues sert à équilibrer les humeurs. Déprimé, stressé,  un peu de cocaïne? Un peu de ‘speed’ pour remonter le moral? Trop excité? Quelques bières ou comprimés vont calmer l’angoisse. En consommant ainsi, la personne n’a pas accès à ses tendances  dépressives, maniaques ou anxieuses et se retrouve tout à coup à devoir composer avec celles-ci  par de nouveaux moyens. Le même phénomène  est semblable au niveau de la sexualité.

Le désir sexuel

L’alcool est un désinhibiteur du comportement. Quelqu’un de  timide n’a plus aucune difficulté à sourire lorsqu’il consomme. Une autre qui n’aime pas son corps devient audacieuse et n’a plus de gêne à se montrer nue et à s’amuser au lit lorsqu’elle est en état d’ébriété.

Pour ceux et celles dont le désir était exacerbé par la prise de stimulant, il sera difficile de recommencer à vivre une sexualité à jeun. Celle-ci  comprendra l’apprentissage du désir sexuel et peut-être il y aura un deuil à faire des moments sexuels très ‘high’ lors de la sexualité sous psychotropes. Ce deuil est nécessaire car autrement, il restera toujours une réserve et une envie de retourner consommer. Cette situation est particulièrement très à risque au niveau de la rechute.

Concernant les femmes en particulier: certaines  femmes avaient du désir sexuel  instantanément en consommant de la cocaïne et maintenant, avoir le goût, désirer l’autre n’est plus automatique. Elles ne se reconnaissent plus et doivent apprendre à stimuler le désir chez elles.

Il y en a d’autres qui arrêtent de consommer et qui n’ont plus aucune vie sexuelle depuis longtemps et qui redécouvrent leur corps et les sensations physiques. Elles arrivent et commencent à se faire regarder comme une personne belle, intéressante, sexy et séduisante. Elles recommencent à s’habiller, à prendre soin de leur corps, à redécouvrir leur féminité, leur masculinité.

Il y a ceux et celles qui arrivent dans le programme après de nombreuses années de solitude affective et amoureuse. La bouteille était leur premier réconfort, grâce à elle, peu importe la solitude et l’isolement. La bouteille comblait ces besoins. Elles devront apprendre à connaître leurs limites, à communiquer, à s’affirmer et ne plus  fuir dans l’isolement.

D’autres sortent d’une relation ou d’une série de relation de couples minées par la chicane, la violence conjugale ou psychologique et qui ne savent pas comment en sortir. Leurs histoires confirment leurs croyances. Le doute et la méfiance peuvent continuer longtemps à nuire à leurs parcours amoureux.

Il y a aussi ceux et celles qui travaillaient dans l’industrie du sexe qui ne savent plus ce qu’est une relation équilibrée et respectueuse. Qui ne savent plus comment recevoir lors d’une relation sexuelle. On remarque chez certains hommes un grand questionnement  quant à leur orientation sexuelle. Bien que le sexe vendus surtout à des hommes a pu être sexuellement excitant, l’enjeu amoureux peut les troubler longtemps.

Finalement, il y a ceux et celles qui arrivent avec des traumatismes de l’enfance, violence, abus sexuels, négligence qui refera surface avec l’abstinence.

Parce que les gens n’arrivent tous aux  même niveaux, les besoins et les apprentissages ne seront pas les même.

Les alcooliques et les toxicomanes sont souvent extrémistes. Depuis quelques années, plusieurs études dans le domaine des dépendances ont démontrées que l’alcoolisme et la toxicomanie viennent souvent à plusieurs. Par exemple :

  • Redécouvrir le goût de plaire peut mettre à jour la séduction compulsive, le magasinage compulsif;
  • Redécouvrir les sensations physiques et avoir de  la difficulté à s’investir dans une relation amoureuse peut amener une dépendance sexuelle;
  • Vouloir être aimé à n’importe quel prix : de la dépendance affective
  • Devenir abstinent de sexualité : de l’anorexie sexuelle, outre-manger, «workolisme», etc.
  • Être habile sexuellement mais incapable de vivre l’amour peut mener à l’hypersexualité

Une addiction qu’elle soit à un produit ou à un comportement enferme la personne dans une dynamique à laquelle elle ne peut échapper qu’au prix de nombreux efforts.,

La séduction :

Chez les humains comme dans le monde animal, ce qui attire notre regard, c’est l’apparence physique : La couleur des cheveux, la couleur des yeux, la grandeur, le poids, les formes de son corps,  comment la personne se tient, ses mimiques fait partie du domaine non-verbal de la séduction.

Le deuxième niveau, c’est le niveau verbal : Le verbal nous donne beaucoup d’information sur l’état émotionnel d’une personne et sur sa capacité de s’affirmer. Est-ce qu’elle parle fort, rapidement ou son ton est posé? Le choix des mots aussi compte beaucoup, est-ce qu’ils sont valorisants , rassurant ou blessant? Est-ce que la personne parle toujours sur un ton de frustration, de colère? Le choix des mots peut attirer ou au contraire repousser les autres.

Les 2 niveaux dans le choix de partenaire sont d’égale importance et il faut apprendre à les développer. Avoir une attitude accueillante mais se négliger physiquement n’attisera pas l’envie ou le désir chez l’autre d’envisager une relation amoureuse. Choisir quelqu’un uniquement par son apparence physique peut être trompeur et il faut chercher plus. Devant ces informations, on peut regarder chez l’autre ce qui nous plaît ou nous rebute et parallèlement, essayez soi-même de développer des habiletés de séduction. Il n’est pas mauvais de choisir une partenaire bien pourvue et encore mieux si elle est tendre, accueillante et chaleureuse. Par-contre si la femme que vous choisissez est image de beauté de la femme idéale mais qu’elle est froide, distante et colérique, la qualité du désir sexuel et amoureux et la qualité même des érections risquent d’en être affectés avec le temps.

Une des composantes de l’amour, c’est l’admiration, si tu as honte de ton ou ta partenaire, la relation pourrait être vouée à l’échec.

 Les drapeaux rouges :

Il est super mais… Une abstinence nouvelle est fragile. Vous commencez à vivre vos émotions sans consommer, soyez vigilant dans vos choix amoureux. Certaines personnes ne sont pas faites pour vous et certains contextes pourraient nuire à votre rétablissement. Voici une petite liste de drapeaux rouges, n’hésitez pas à en rajouter à votre liste personnelle :

  • Quelqu’un qui batifole, les séducteurs compulsifs, les séductrices compulsives
  • Quelqu’un qui est non disponible
  • Quelqu’un qui dit ne pas être prêt pour une relation alors que c’est ce que vous souhaitez
  • De trop nombreuses histoires non réglés : loyer, travail, santé, etc.
  • Dénigrement, violence, malhonnêteté, etc.
  • Une personne qui aurait besoin de prendre de la médication mais qui ne le fait pas
  • Une personne engagée qui n’arrête pas de vous séduire
  • Une personne qui parle de ses anciens amoureux avec beaucoup de rancœur sans admettre ses responsabilités dans ce couple
  • Quelqu’un qui néglige ses responsabilités parentales

Manifester son intérêt :

La personne est à votre goût et vous êtes intéressé à la connaître mais vous avez la trouille. C’est ici que le courage prend tout son sens. Si votre estime de soi est faible, vous pouvez avoir tendance à abandonner avant même d’avoir commencé. Le manque d’estime de soi, c’est quand on a  des forces, des habiletés et des capacités mais que malgré tout, on se sent peu de chose. Soyez vigilant, n’abandonnez pas. Se faire dire non ce n’est pas se faire rejeter dans sa personne entière.

Quelqu’un manifeste son intérêt pour vous :

Vous n’êtes pas intéressé et ça vous met mal à l’aise. Si vous ne savez pas quoi répondre ou si vous avez tendance à répondre automatiquement et ensuite le regretter, vous pouvez prendre le temps d’y réfléchir. Quand on a peur de l’amour on fait souvent du sabotage. Se donner le temps d’y penser est tout à fait correct. Soyez vigilant face à vos motivations et soyez clair  et honnête quand vous lui direz. Prendre quelques heures ou quelques jours pour y penser avant de répondre est tout à fait correct.

Vous avez dit oui!

Restez calme, soyez vous-même et cessez de vous inventer des histoires rocambolesques dans votre tête!  Une première rencontre en privé est souvent stressante. Vous n’êtes pas à la confesse. Il n’y a aucune obligation de raconter votre vie de long en large et dans ses moindres détails. En plus d’être inapproprié, ça peut faire peur. Gardez-vous une petite gêne! Si vous noyez l’autre dans vos histoires sans lui donner l’occasion de placer un mot ou peu de mots, vous ne la reverrez peut-être plus. Une première rencontre est une occasion d’en savoir un peu plus sur l’autre : sports, loisirs, lectures, études, famille? Restez légers et donnez-vous le temps de vous apprivoiser. L’autre vous déclare tout de suite son intérêt? Permettez-vous de le dire si vous n’en êtes pas rendu à cette étape. Soyez honnête envers vous-même et envers l’autre.

  • Vous voulez seulement du sexe pour du sexe?
  • Vous souhaitez tenter une relation amoureuse?

Ne commencez pas une relation qui n’est pas en harmonie avec votre volonté car vous allez souffrir.

Ne commencez pas une relation intime en espérant qu’elle change avec le temps.

Votre temps est précieux, votre rétablissement l’est tout autant.

L’intimité  c’est d’être capable de se dévoiler et de vivre avec le silence de l’autre. C’est prendre une chance de dévoiler des choses qui ne se devinent pas.

Vous avez commencé à faire des activités ensemble et on dirait bien que vous vous enlignez vers une relation. Une discussion honnête s’impose :

Première relation sexuelle

Les Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang (ITSS): Si vous rencontrez quelqu’un et qu’il ou elle ne veut pas porter de condoms, vous vous exposez fortement à attraper une ITSS.

Prenons l’herpès comme exemple : 1/5 personne au Québec est porteuse du virus de l’herpès. Lorsque vous vous apprêtez à faire l’amour pour la première fois avec un ou une nouvelle partenaire, aimeriez-vous  savoir si elle a une ITSS? Si vous avez l’herpès, allez-vous lui dire avant d’avoir votre première relation sexuelle?

Vous commencez une vie sans consommer et vous  voulez devenir responsable? Si vous êtes porteur ou porteuse de l’herpès parlez-en à votre nouveau ou nouvelle partenaire avant votre première relation sexuelle. Si 1/5 personne a l’herpès, c’est possible qu’elle l’ait elle aussi, c’est possible qu’elle vous pose des questions et qu’elle accepte d’avoir des relations sexuelles protégées malgré votre herpès.

C’est possible aussi que la personne ne veuille pas continuer. Est-ce que c’est un drame? Non. Vous êtes porteur d’un virus, vous avez besoin de gens compréhensifs et supportant autour de vous. Aussi, vous avez une réputation à bâtir, il vaut mieux pour vous de vous faire connaître comme une personne responsable. Vous dormirez peut-être seul-e mais vous contribuerai à bâtir une estime de soi plus solide et vous dormirez mieux la nuit.

Vous commencez une relation amoureuse :

Quel genre de couples voulez-vous être? Quel genre de personne voulez-vous être en couple? Comment est-ce qu’on règle nos conflits? Dans le respect ou la discorde? Revoyez vos croyances. À quoi vous attendez vous de l’autre dans une relation? Qu’est-ce que vous êtes en mesure d’offrir? Soyez réalistes, n’essayez pas d’être parfaits.

Si vous traversez beaucoup de difficultés, n’hésitez pas à demander de l’aide et à aller consulter. Soyez des bons consommateurs, choisissez votre thérapeute avec soin. Déposer son histoire devant une autre personne va vous aider à changer de perspective, à aborder vos problèmes différemment et vous offrir une façon différente de faire qui respectera votre volonté. Faites attention de ne pas disperser vos problèmes de couple à tout vent. Soyez discret-es car plus vous en parlerez aux autres, plus vous aurez des suggestions contradictoires.

Souvent les gens consultent pour des difficultés relationnelles qui finissent par nuire à la vie amoureuse et sexuelle. Être en relation demande beaucoup d’efforts, de souplesse et souvent de beaucoup de courage. Ce n’est pas parce que vous êtes en rétablissement que c’est différent, c’est parfois parce que vous avez fui dans la consommation de nombreuses années et que vous n’êtes pas habitué de faire face aux émotions désagréables.

Si vous désirez consulter pour des difficultés sexuelles, plusieurs problématiques se traitent très bien. Par exemple : l’éjaculation précoce. C’est le problème numéro 1 chez les hommes et ça en est un qui se traite facilement. Si vous craignez d’entrer en relation à causes de ce trouble, venez consulter au lieu de rester seul. Si vous êtes déjà en couple, c’est encore mieux. Vous pourrez consulter en seul et parfois en couple. Plus on fuit un problème, plus il risque de nous empoisonner l’esprit.

Réminiscence d’abus sexuels :

Chez les alcooliques et les toxicomanes, le pourcentage de personnes abusées dans l’enfance est très élevé. La consommation a servie longtemps à endormir ces souvenirs douloureux et l’arrêt de consommation fera ressurgir ces abus sexuels. Il deviendra alors important de chercher de l’aide pour y faire face sans retourner consommer. Plusieurs organismes existent pour vous accompagner dans ce processus. Maintenant que vous avez décidé de vivre sans consommer, votre devoir envers vous-même est d’y faire face.

Quand on est confronté à des histoires reliées à l’enfance, on a tendance à les revivre avec l’esprit d’un enfant. Vous êtes maintenant des adultes et c’est avec des yeux et un esprit d’adulte que vous allez passer au travers.

Les schémas reliés à l’enfance:

Certains ont eu des enfances difficiles et viennent d’un milieu dysfonctionnel. Il faut être vigilant car lorsque ces schémas douloureux apparaissent, on peut avoir tendance à confondre la réalité avec nos schémas et confondre par exemple, la tyrannie avec  l’amour. La dépendance affective est très souvent reliée à l’enfance et celle-ci amène la personne à rester en relation malgré l’insanité et faire de la distorsion de la réalité pour accepter l’inacceptable. Choisir le rétablissement et l’abstinence c’est choisir de se remettre en question, c’est faire face à des émotions auxquelles on n’est pas habitué et de composer avec. Votre histoire ne s’effacera pas mais ses effets diminueront et ils cesseront de dicter votre vie. Prendre soin de soi c’est avoir la maturité de demander de l’aide et d’accepter de la recevoir.

Vivre sans consommer est un grand bonheur. Vous êtes libérés des obsessions et vous pouvez choisir une vie meilleure pour vous-même. Prenez soin de vous, vous êtes une personne importante. Vous commencez à vivre et vous allez devenir la personne que vous souhaitez être,  une personne qui vous ressemble et qui ne fuit plus son ombre.

(1) Cormier, D. (1984a). Toxicomanies : styles de vie. Chicoutimi : Gaëtan Morin Éditeur, 175 p.

janvier 29, 2012

Limites, évitement & secret

par meriza joly

On vit tous notre lot de frustrations  à tous les jours. Comment on «fait avec» est très personnel. Parfois on apprend par «essais-erreurs», on parle à quelqu’un, on se fait conseiller, parfois on «dort là-dessus» pour éviter de faire des erreurs, on sort faire la fête pour oublier nos tracas bref, on adopte toutes sortes de stratégies pour essayer d’être bien malgré les évènements que la vie nous amène. Les interactions humaines peuvent amener beaucoup de plaisirs et  de satisfactions mais elles peuvent aussi être une source importante de conflits. Pour diverses raisons, quand ça ne va pas bien, les gens adoptent des façons de composer avec la vie qui ne sont toujours positives à long terme. Je ne parle de comportements auxquels on a recours de temps en temps mais de mécanismes auxquels on a recours systématiquement, à chaque fois où on se retrouve dans une situation frustrante, désagréable ou inconfortable.

L’évitement
Rare sont ceux  qui n’ont pas un jour ou l’autre fait n’importe quoi juste pour oublier ce qui arrivait : magasiner, faire la fête, s’écraser devant la télé ou l’ordinateur, outre-manger, etc. Ce  n’est pas mal en soi, ce qui pose problème, c’est lorsque les comportements d’évitement sont toujours utilisés par la personne lorsqu’elle vit du déplaisir.
Par exemple : Je me chicane avec ma conjointe*, je me laisse envahir par ses demandes, je suis frustré mais je ne dis rien….Je ne dis rien mais dans mon for intérieur, je sais que plus tard je pourrais soit: 1. Aller faire un tour en voiture et  me payer les services d’une travailleuse du sexe. 2. Me brancher sur le Net et je me masturber toute la soirée, etc. 3. Bougonner, chigner toute la semaine en faisant bien comprendre (par télépathie) ma frustration à ma partenaire. Bref, développer des moyens secrets pour faire «payer» à l’autre sa frustration.

En sexothérapie, quand on regarde avec les clients les évènements précurseurs aux épisodes d’hypersexualité, on remarque souvent qu’il y a eu un moment stressant, une situation désagréable, un conflit avec la partenaire avant la compulsivité.  Une variable souvent présente et facilement observable quand on décortique les évènements précurseurs, est le manque d’affirmation de soi ans les  relations significatives de la personne.  Malheureusement, elle aura adopté une sexualité secrète comme moyen pour «faire avec» ses sentiments désagréables.

Pendant un moment, l’activité secrète permet de conserver un certain équilibre psychique. Dépendamment des risques conjugaux et légaux liés à l’activité, les risques pourraient  même devenir des stimulants pervers renforçant ainsi les bénéfices de l’activité secrète mais aussi du comportement déficient soit la faible affirmation de soi.
Ne pas mettre ses limites dans ses relations peut être très frustrant à la longue et certaines personnes apprennent à gérer cette frustration en ayant une vie secrète qui sert d’échappatoire à leur manque d’affirmation de soi.
Dans la situation présente, l’impact du manque d’affirmation de soi pourrait avoir des répercussions très négatives. Les enjeux reliés au manque d’affirmation de soi en couple sont légion mais les bénéfices associés à l’affirmation de soi et à la bonne communication  permettent entre autres aux deux partenaires de grandir et d’évoluer au sein de la relation.

Apprendre à s’affirmer et à mettre ses limites dans nos relations peut faire peur au départ : si je dis qui je suis, si je dis non, si je ne suis pas d’accord, peut-être que l’autre me rejettera? Peut-être que oui, peut-être que non mais une chose est sûre, si vous ne le faites pas, vous ne le saurez jamais. Dans le domaine des relations amoureuses, les mauvais plis se prennent très rapidement en début de relation. Attention aux extrêmes. Comme on dit, il faut apprendre à : «Être ni hérisson, ni paillasson».

Quelques conseils
•    Choisir un moment approprié aux 2 pour aborder un sujet délicat;
•    Dire ce que l’on a à dire sur le sujet, ne pas déborder sur d’autres sujets épineux;
•    Éviter les qualificatifs (tu es bête, méchant, paresseuse, etc.);
•    Parler chacun son tour, ne pas prendre la parole trop longtemps, laisser l’autre intervenir;
•    Faire chacun un pas vers l’autre, penser «le mieux pour soi et non le meilleur pour soi»

En écrivant cet article je suis tombée par hasard sur le site : «Ni hérisson, Ni paillasson !» Allez y faire un tour, il y a plein de trucs sur l’affirmation de soi.

Bonne semaine à tous, n’hésitez pas à laisser des commentaires ou faire des suggestions.
Mériza

* La conjointe est utilisée ici pour illustrer l’impact dans le couple mais de nombreuses autres personnes peuvent générer ce type de réaction: patron, père, mère, membres de la famille, etc.

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