Faire semblant de jouir version masculine…

par meriza joly

Hier je suis allée présenter une conférence sur l’hypersexualité et sur le cybersexe à des employés de PAE affiliés à la FTQ. Du monde très sympathiques et ouverts à parler de sexualité, des technologies, d’hypersexualité et comment la porno s’est insidieusement collée à nos vies, comment elle nous est servie partout où on va pour presque rien, sans même le demander….

Dans le New York Magazine du 30 janvier 2011, Davy Rothbart, parle de son expérience avec la porno et comment il en est venu à faire semblant d’éjaculer quand il avait une relation sexuelle dans le réel.

Adapte de la porno,  tranquillement certains troubles sexuels sont apparus chez lui: éjaculation retardée, désir sexuel défaillant, manque de libido envers la partenaire, désensibilisation physique.  Quand on se masturbe devant des belles jeunes femmes super disponible à tous les jours, quand on se masturbe d’une certaine façon en regardant des images de plus en plus hard, on fini par se désensibiliser physiquement et émotionnellement.

La  porno est un leurre pour le cerveau. Puisque les neurotransmetteurs du plaisir s’activent,  on a les mêmes effets neurochimiques qui se réveillent, on en vient à croire qu’on est dans la réalité. Le cerveau ne fait pas la différence, il répond aux stimuli  du ‘tout comme’ sauf qu’il manque la présence de l’autre.

Le virtuel sera toujours plus intense que le réel, personne ne peut égaler l’intensité du médium. C’est comme un fantasme qui  nous garde  allumé et quand on le fait, c’est presque garanti que ça ne sera pas aussi bon. Contraintes des lois de la physique et de la gravité. C’est plus de travail et on dirait que c’est moins excitant.

Heureusement, il y a de l’espoir. Lorsque la personne cesse l’usage de la porno, l’esprit et le corps vont reprendre leur sensibilité avec le temps. Ce qui aide: un bon suivi en sexothérapie, des réunions avec les Sexoliques Anonymes ou les DASA- Dépendants Affectifs et Sexuels Anonymes (au besoin), de la patience, un engagement envers soi même et une conjointe prête à participer.

C’est plus facile qu’en restant tout seul chez soi…

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2 commentaires to “Faire semblant de jouir version masculine…”

  1. Bonjour Meriza,
    Ravie d’avoir de tes nouvelles! Je lis quelques fois tes textes. En ce qui concerne celui-ci, j’ai accroché sur la notion d' »engagement envers soi-même ». C’est bien dit. C’est en effet un engagement envers soi-même de travailler sur soi. Malheureusement, ce type d’engagement – très intime – est trop souvent occulté par les gens qui croient travailler sur eux-mêmes et qui semblent tenir un discours cohérent à cet effet mais sans jamais réaliser que le travail doit venir d’eux-mêmes et sans que leur discours ne soit appuyé par un engagement émotif sincère et intégré.

    • Bonsoir Émilie
      Dans le cas de la porno sur le Net, une personne pourrait avoir le comportement dont tu parles mais ce ne serait pas très judicieux à long terme.
      Règle générale, les gens ne changent pas par sagesse. Souvent, des conséquences négatives amènent les gens à se responsabiliser et à s’engager envers eux-mêmes. Dans les addictions comportementales, on ne peut pas demander aux autres de faire les efforts à notre place.
      S’engager envers soi-même c’est continuer malgré les embûches et les difficultés. C’est un choix personnel et comme tu l’as mentionné, c’est intime.

      Merci pour ton message 🙂

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